Tentative de coup d’Etat sur le Mariage

Le Mariage

Le Mariage

Figurant parmi les derniers bastions de notre droit, l’institution du mariage est à ce jour sévèrement ébranlée, dans ses fondations, par les revendications du lobby homosexuel.

En effet, le mariage homosexuel est devenu un véritable enjeu de société et un sujet polémique de campagne électoral. Il crée un malaise dans les mentalités, répandu dans les plus hautes sphères de l’État, et notamment, au sein même du Conseil Constitutionnel. Saisi à l’initiative d’un couple de femmes pacsées, celui-ci a estimé que les articles 75 et 144 du Code civil, qui expriment une conception exclusivement hétérosexuelle du mariage, étaient conformes à la Constitution. Il a en outre précisé que le PACS n’empêchait pas les couples homosexuels d’élever leurs enfants, ni de mener une vie de famille. La réponse de la plus haute juridiction française est donc claire : le mariage est l’union d’un homme et d’une femme.

La question reste cependant d’actualité devant la pression du Parlement européen et la position du Conseil constitutionnel qui a renvoyé vers le législateur la responsabilité de changer la loi. Les Pays-Bas ont déjà opéré le changement de loi depuis 2001 dès lors qu’ils autorisent le mariage homosexuel et l’adoption d’enfants de nationalité néerlandaise. Cependant, la filiation (reconnaissance de l’un des conjoints comme parent des enfants de l’autre) n’est pas automatique. La Belgique a pris le pas en 2003 avant d’être suivie par l’Espagne en 2005,  la Norvège en 2008,  le Portugal, l’Islande et la Slovénie en 2010. Ces 8 pays sur les 27 de l’Union européenne, ont adopté un projet de loi, favorable au mariage homosexuel, afin de faire cesser toute forme de discrimination ou d’inégalité de traitement, dont seraient victimes les couples homosexuels.

Et pour cause, dans une résolution de 2003, le Parlement européen réitère sa demande « d’abolir toute forme de discrimination, législatives ou de facto, dont sont encore victimes les homosexuels, notamment en matière de droit au mariage et d’adoption d’enfants ».Or, en France, le débat ne saurait s’inscrire dans le cadre d’une inégalité de traitement.

Le droit à la différence exclut le principe de discrimination

Notre législation donne une définition très précise du mariage dont les critères ne sauraient s’apparenter à une quelconque discrimination. Aux termes des articles 75 et 144 du Code civil, le mariage ne se conçoit que s’il peut réunir deux personnes de sexes différents qui ne soient, ni frère, ni sœur, ni parents en ligne directe. L’article 75 stipule que l’officier d’État civil : « recevra de chaque partie, l’une après l’autre, la déclaration qu’elles veulent se prendre pour mari et femme ». De même, l’article 144 énonce : « L’homme et la femme ne peuvent contracter mariage avant dix-huit ans révolus ».

Les restrictions au mariage, résident donc, d’une part, dans la différentiation des sexes, et, d’autre part dans le lien de parenté. Ces critères excluent par leur raison d’être toute forme de discrimination. De la même façon que personne n’oserait réclamer devant les tribunaux le droit d’épouser sa sœur, en se fondant sur l’inégalité de traitement, la différence des sexes est inhérente à la définition du mariage. Celui-ci existait d’ailleurs bien avant d’être formalisé dans le Code Civil.

Il suffit pour cela de se référer au discours préliminaire sur le projet de Code civil qui énonce au sujet du mariage : « il n’était alors ni un acte civil, ni un acte religieux, mais le rapprochement de deux sexes que la nature n’a fait si différents que pour les unir, un acte naturel dérivant de la constitution même de notre être. La femme devient mère et l’enfant est éduqué par la complémentarité inhérente à la différence des sexes du couple parent. Tel est le mariage en lui-même, indépendamment de la loi positive ».

La force du lien qui unit deux êtres de sexes différents s’exprime effectivement à travers leur complémentarité naturelle, nécessaire à l’éducation des enfants. Que celle-ci relève de la physiologie, du comportement, des sentiments, du caractère ou autre, elle est retranscrite avec beaucoup d’humour par l’écrivain  John Gray dans son ouvrage  intitulé « les hommes viennent de mars et les femmes de vénus ».

Nous pouvons dès lors nous interroger sur ce qui motive réellement la demande des couples homosexuels. « Une plus grande sécurité juridique », rétorquent certains. Celle-ci leur a été pourtant acquise au travers du PACS,  dont les droits se rapprochent de plus en plus de ceux accordés aux couples mariés, ainsi que l’a rappelé le Conseil Constitutionnel.

Dans un tel contexte, l’argument de l’inégalité de traitement perd toute légitimité.

Les concepts juridiques, aussi fondés soient-ils, doivent être utilisés à bon escient. Xavier Lacroix, théologien moraliste, considère que la discrimination, utilisée à mauvais escient, peut aboutir à la négation des différences. Il précise : « Appeler discrimination ces différentiations,  va dans le sens du totalitarisme en douceur décrit par Tocqueville où des individus interchangeables forment une masse indistincte. »

Notre culture revendique fortement le droit à la différence. Ne devrait-elle pas accueillir favorablement le traitement différent des situations différentes, et ainsi laisser au mariage, la particularité qui fait sa force ?

L'enfant à naître

L'enfant à naître

La fonction sociale de l’altérité sexuelle

La différence biologique des sexes est plus qu’une simple différence organique. Elle est le point de départ de l’identité de chacun, exprimée dès la conception par le chromosome masculin qui décide du sexe de l’embryon. Elle permet  la construction de la personnalité, et celle du rapport à l’autre. Elle va enfin servir de socle à la famille car, de cette condition et d’elle seule, la procréation naturelle pourra se manifester. L’altérité sexuelle a donc une fonction sociale, ainsi que nous le rappelle à juste titre, Xavier Lacroix.

« Qui suis-je ?», « Quelles sont mes origines ? » sont des questions fondamentales auxquelles nootre société doit répondre en fournissant des repères et des valeurs. La remise en cause de la définition du mariage au nom de la discrimination risque de broulller encore davantage les repères affectifs de notre jeunesse et d’affecter leur quête d’identité.

La théorie du Gender, inscrite à la rentrée dans les programmes de Sciences et Vie en 1ère, voudrait nous faire croire que les caractéristiques propres d’un sexe peuvent se gagner socialement, niant leur vérité biologique. Cette théorie, non scientifique, ne chercherait-elle pas à donner au mariage homosexuel, le fondement qui lui fait défaut? Il n’en demeure pas moins que la vie vient naturellement du rapprochement de deux êtres de sexes différents, et que de cette vérité naissent les principes régissant notre vie en société.

L’institution du mariage est donc fondée essentiellement sur la capacité des deux êtres à concevoir naturellement des enfants, et à les éduquer, ce qui explique que notre droit lie la notion de mari à celle de père. L’identité sexuelle n’est donc pas le fruit d’une construction sociale, comme le soutient la théorie du Gender, elle a une fonction sociale.

Le mariage, partie de l’identité de notre nation

Le mariage a perdu sa crédibilité, suite à l’effritement des valeurs chrétiennes. Celles-ci ne sont plus enseignées en raison d’une laîcité d’exclusion craignant une prétendue et obsolète « religiosité » ou un conservatisme qui n’en est pas un. En conséquence, les repères donnés par notre société sont faussés.

Alors que les couples homosexuels revendiquent le « vivre ensemble » à travers le mariage, les couples hétérosexeuls divorcent, ayant de plus en plus de difficutés à honorer le mariage. Ils n’en connaissent ou n’en acceptent plus les règles. « trop de sacrifices », entend-t-on, « trop de risques » face à une société individualiste où chacun est amené à rechercher, avant tout, son plaisir et son intérêt, au détriment de la construction d’une vie de famille.

La clef d’un mariage réussi réside dans le vivre ensemble, véritable source d’épanouissement et d’enrichissement si chacun accepte de penser à l’autre avant de penser à soi. Toutefois, ce bel attelage ne saurait fonctionner sans la dimension spirituelle qui, au delà de l’engagement physique, matériel, et temporel, rappele à chacun, athé ou croyant, le standard de Dieu.

Notre nation est marquée par les valeurs judéo-chrétiennes, parmi lesquelles figure le mariage. Y porter atteinte serait couper notre pays d’une partie de son identité, et prendre le risque d’ébranler ses fondations.

C’est pourquoi, le Parti Républicain Chrétien (PRC) s’attache à rappeler l’importance de cette institution dans le thème n° 2 de sa ligne politique relatif à la famille :

« A l’origine des constitutions et des institutions, la famille est à la fois le pilier et le dessein de toute société. A ce titre, elle sera regardée comme une micro société et positionnée au centre de toute réflexion politique.

Toute famille commence par l’union d’un homme et d’une femme, qui se concrétise par l’institution du mariage. Elle doit ensuite élaborer une ligne de conduite permanente, basée sur l’amour et la volonté de préserver l’unité, pour assurer sa pérennité ».

Il est grand temps de nous réveiller et d’affirmer l’identité chrétienne de notre nation, respectueuse de l’enracinement biologique de l’être humain, dans la recherche du bien commun.

 

Emmanuelle GIOVANNONI
Responsable du Pôle « Chrétiens en Action »

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