
Youcef Nadarkhani et sa famille
Converti au christianisme à l’âge de 19 ans, Youcef Nadarkhani, est devenu pasteur d’une petite communauté évangélique baptisée « Église d’Iran » dans la région de Gilan, à 250 kilomètres de Téhéran.
L’iran, qui compte 68 millions d’habitants, dont 99 % sont musulmans est une république islamique qui a inscrit dans sa constitution de 1979, la liberté de culte pour toutes les religions du Livre. Ainsi, bien que minoritaires, les 300 000 chrétiens présents dans le pays, peuvent vivre leur foi sans difficultés.
Cette liberté semble n’être que théorique. En effet, en 2009, le gouvernement iranien a décidé que tous les enfants scolarisés devraient obligatoirement suivre l’enseignement coranique. Lorsque le pasteur Youcef Nadarkhani retire ses deux fils, âgés de 7 et 9 ans de leur école dans la ville de Rasht, il est arrêté le soir même, et emprisonné. En septembre 2010, le tribunal révolutionnaire le condamne à la peine de mort pour crime d’apostasie. En appel, il prouve qu’il ne remplit pas les conditions de l’apostasie, dès lors qu’il n’a jamais embrassé l’islam avant de devenir chrétien.
Le 25 septembre 2011, la troisième chambre de la Cour suprême de Qum confirme la condamnation de Youcef Nadarkhani, sur le fondement de «l’apostasie nationale», considérant qu’il ne pouvait adopter une religion différente de celle de ses ancêtres. La Cour lui laisse trois jours pour renoncer à sa foi chrétienne et devenir musulman. Malgré les sédatifs qui lui sont administrés en prison, le pasteur ne cède pas. Sa femme est à son tour emprisonnée pour complicité, mais est ensuite relâchée grâce à l’entremise de son avocat.
Une religion mérite le respect lorsqu’elle garantit la mise en œuvre des libertés fondamentales
La liberté de conscience et la liberté de culte sont universelles et sacrées. Elles restent cependant lettre morte entre les mains d’hommes d’État qui les ignorent. Il est donc de notre devoir de les respecter et de rappeler leur importance lorsqu’elles sont transgressées.
Le Parti Républicain Chrétien entend nous sensibiliser sur la nécessité de se mobiliser devant la persécution dont les chrétiens sont l’objet dans le monde entier.
Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères français, Bernard Valero, nous rappelle que l’Iran a librement souscrit au Pacte international sur les droits civils et politiques. De même, ce pays a inscrit dans sa constitution la liberté de religion et de croyance.
En conséquence, ainsi que nous y invite le député du Finistère, Monsieur Jean-Jacques Urvoas, il nous appartient de nous mobiliser auprès de l’ambassade d’Iran ( par téléphone 01 40 69 79 00, fax 01 47 23 89 48 ou courriel cabinet@amb-iran.fr ) afin que le pasteur Youcef Nadarkhani échappe à la pendaison.
Osons espérer que devant la mobilisation internationale et le courage de cet iranien de souche, les autorités iraniennes sauront garantir la liberté de culte inhérente à leur république.
Emmanuelle GIOVANNONI
Responsable du Pôle « Chrétiens en Action »