Le mieux vivre ensemble, une priorité à reconsidérer en temps de crise !

Les méandres de la finance

Les méandres de la finance

Nos dirigeants s’affolent devant la perspective d’un basculement de l’édifice financier mondial.

« Presque tous les pays d’Europe ont dépensé plus qu’ils ne gagnaient » a lancé Angela Merkel lors du dernier G20. Elle ne voit pas d’embellie avant 10 ans.  La France n’est pas épargnée par un déficit gigantesque que notre premier ministre a souligné en parlant de véritable faillite. L’Europe entière s’installe donc dans une longue période de récession. Les uns après les autres, les pays de l’Union européenne tombent sous le couperet de la dette (Portugal, Grèce, Italie, France, etc.)

Comment expliquer une telle crise et quels sont les remèdes proposés par le Parti Républicain Chrétien ?

L’économie mondiale a été touchée par un virus dévastateur : l’appât du gain immédiat qui a contaminé nos mentalités. Ses domaines d’action privilégiés sont le système bancaire et la bourse. Son meilleur outil est l’argent lui-même. Il s’agit de se servir de l’argent pour créer de l’argent. Ses conséquences se traduisent par un endettement sans fin qui submerge nos nations.

La finance est devenue une science à part entière, totalement déconnectée du monde économique réel

A l’origine, la bourse avait comme objectif de permettre la rencontre des entreprises, ayant à cœur de développer des projets, avec des investisseurs, soucieux de les soutenir financièrement. Mais avec le temps, l’appât du gain a poussé ces derniers à abuser de la confiance des premiers et à inventer des techniques de plus en plus sophistiquées pour maximiser les profits. A tel point que la finance est devenue une science à part entière, totalement déconnectée du monde économique réel.

Pour les experts de la bourse, les entreprises se résument aujourd’hui à des points sur un graphique ou à une séquence de chiffres (selon l’analyse du gérant de portefeuille Rodolphe Jourdan). Elles sont devenues l’instrument privilégié des financiers qui leur dictent une conduite selon une logique contraire au bon sens et à la masse salariale. Même les outils initialement créés pour minimiser les risques des établissements bancaires sont devenus des  instruments de spéculation et de pression (Crédit default Swap).

Comment se fait-il que le système boursier, dont les prétentions étaient nobles au départ, ait dérapé aussi rapidement et avec une telle puissance?

Parce que le mieux vivre ensemble n’est pas une priorité de notre société où l’éthique est avant tout individualiste. Parce que le venin de l’appât du gain s’est insinué dans tous les rouages économiques et financiers. Cette soif insatiable d’argent est devenue, à l’échelle mondiale, une arme de destruction de l’économie des nations.

Les chefs d’entreprises sont devenus les esclaves des actionnaires et les chefs d’Etat les esclaves des banques privées.

En effet, depuis 1973, l’Etat français n’a plus la possibilité de s’adresser gratuitement à la Banque de France. Il emprunte donc auprès des banques privées ainsi que chaque Etat membre de l’Union Européenne, depuis le traité de Maastricht (cf article de Daniel Peyron). Ainsi, outre la perte de leur souveraineté, les Etats sont devenus les esclaves des banquiers. En outre, leur marge de manœuvre est devenue très étroite car les décisions budgétaires ne se prennent plus au niveau national mais européen (cf exemple de la Grèce) et, à l’échelle européenne, les banquiers sont encore mieux organisés pour gouverner.

Si un chef de famille doit faire preuve de prudence lorsqu’il contracte un emprunt pour sa famille,  a fortiori, l’Etat doit il en faire preuve lorsqu’il recourt à l’emprunt. Pourtant, les chiffres de l’endettement français dénotent une attitude excessive en termes de dépenses.Pour redonner aux états une réelle marge de manœuvre, respectueuse des souhaits du citoyen, le Parti Républicain Chrétien propose deux axes.

D’une part, diminuer le recours à l’emprunt.  Patrick Giovannoni, Président fondateur du PRC, s’attache à rappeler  la nécessaire distinction que l’Etat doit opérer entre les dépenses courantes et les dépenses d’investissement. Les premières devraient être financées uniquement par le biais des revenus du domaine, des impôts et taxes, tandis que les dépenses d’investissement devraient seules êtres financées par l’emprunt. Or, en France, l’Etat a pris la mauvaise habitude de tout financer au moyen de l’emprunt.

D’autre part, selon Patrick Giovannoni, l’emprunt public devrait être gratuit dès lors qu’il est censé financer des activités d’intérêt général.

Le respect d’une telle équation, associé à une diminution importante du train de vie de l’Etat et de ses collectivités locales, permettrait de réduire la dette à venir. En effet, lorsqu’un foyer est endetté, il doit normalement réduire ses dépenses au lieu d’emprunter davantage.

Si les hommes s’assemblent dans une famille, dans une entreprise, dans une nation ou à l’échelle internationale, c’est d’abord et avant tout pour partager des valeurs communes, devenir plus forts et construire ensemble des projets. Les citoyens européens n’ont jamais donné leur aval pour que la finance maîtrise leurs entreprises et leurs projets politiques. Et, à ce jour, l’Union Européenne n’a pas permis à ses Etats membres de devenir plus compétitifs, ni n’a su les protéger de l’endettement ou de la concurrence chinoise. Au contraire, elle a encouragé le système de la dépendance auprès des banquiers.

Il est grand temps de trouver des hommes et des femmes soucieux de réintroduire les valeurs du mieux vivre ensemble à l’échelle des nations. Ils deviendront les gardes fous de notre société de demain et les bâtisseurs d’un nouvel ordre économique juste. En 2012, changeons de cap !

Emmanuelle GIOVANNONI
Responsable du Pôle « Chrétiens en Action »