Les larmes de Beit Shemesh …

Naama Mergolis

Naama Mergolis

Les hommes en noir sèment la terreur à Jérusalem.

Bien que minoritaires à la Knesset, ces hommes représentent la branche extrémiste des juifs orthodoxes dont l’influence sur la société israélienne ne cesse de grandir. Ces juifs représentent 10 pour cent de la population d’Israël  mais ils connaissent un développement en pleine expansion du fait de leur taux de natalité élevé.

Ils prônent la ségrégation entre les sexes, mise en place dans des autobus de certaines zones ultra-orthodoxes, où les femmes sont cantonnées à l’arrière, et les hommes devant. De même, ces extrémistes appelés « haredim » ont demandé l’interdiction pour les femmes d’apparaître sur les panneaux publicitaires, ce que celles-ci ont pu heureusement contester avec succès, ainsi que l’interdiction de chanter dans l’armée. Ils prônent enfin l’obligation pour celles-ci de se couvrir de la tête aux pieds.

Il y a quelques semaines, des membres du mouvement ultra orthodoxe ont craché et maudit sur une jeune écolière de huit ans, la petite Naama Mergolis, en pleine rue de Beit Shemesh, près de Jérusalem, sous le simple prétexte que sa tenue vestimentaire leur déplaisait. Pourtant celle-ci, timide et réservée, avait les cheveux attachés et portait une jupe très sobre comme l’exige l’école religieuse où elle est scolarisée.  Ses larmes ont ému des milliers d’internautes.

Cet incident n’est malheureusement pas le premier et a été suivi un mois après par l’agression de Natalie Machiah, une jeune fille de 27 ans, originaire de Beith Shemesh, qui collait des affiches de publicité pour le loto sur le mur d’une synagogue. Des Haredim ont jeté sur elle des pierres pendant 25 minutes avant de vandaliser sa voiture et  lui versé de l’eau de Javel sur sa tête en criant «putain».

Il appartient aux nations démocratiques occidentales de lutter contre toute forme d’extrémisme, y compris religieux, qui menace ses valeurs fondamentales.

Il y a extrémisme dès lors qu’un acte de violence porte atteinte à la dignité d’une personne ou à sa vie, et ce d’autant plus lorsque cette personne est pacifique et innocente.

La réponse des nations démocratiques réside trop souvent dans une dangereuse  tolérance. Celle-ci a en effet ses limites ainsi que le déplore Frances Raday, professeur émérite de droit à l’université hébraïque de Jérusalem affirmant : « L’Etat d’Israël est beaucoup trop tolérant vis-à-vis de l’intolérance des ultra-orthodoxes ».

Patrick Giovannoni, président fondateur du Parti Républicain Chrétien, redéfinit la notion de tolérance à l’article 1.1 de la charte des valeurs du PRC, en précisant : « le mot tolérance vient du latin « tolerare » signifiant : supporter. Imposé à un peuple, il devient une incitation à accepter sans condition toutes les conduites, y compris celles que nous désapprouvons, et que nous considérons déplacées au sens de la morale ou de l’éthique ».

Nous devons encourager le gouvernement israélien à lutter pour le maintien des valeurs démocratiques dans son pays, parmi lesquelles figure la liberté individuelle et l’égalité des sexes devant la loi.

Leur combat est notre combat.

 Ne restons pas indifférents.

Ensemble changeons les cœurs pour changer la nation.

Emmanuelle GIOVANNONI
Directrice de la communication