Une politique alternative de lutte contre le SIDA : une nécessité humanitaire

L'amour face au sida

L'amour face au sida

Depuis son identification en 1981, le syndrome d’immunodéficience acquise (SIDA) a entrainé la mort de 25 millions de personnes (Alan D.Lopez et al « Global and Régional Burden of Disease and Risk Factors 2001 »)

Les principaux cas de transmission de cette maladie sont désormais bien identifiés, à savoir, les relations sexuelles, l’usage d’aiguilles ou de seringues déjà utilisées par des personnes contaminées, la transmission du virus de la mère à l’enfant pendant la grossesse ou au cours de l’allaitement. La transmission par des transfusions de sang ou de produits sanguins contaminés est plus rare.

Il n’existe donc pas une forme stéréotypée de pathologie du sida mais une constellation d’épidémies correspondant à ses différents modes de transmission. Ainsi, en Europe de l’Est et en Asie, le virus se transmet chez les toxicomanes par injections intraveineuses, ailleurs par des relations homosexuelles et la prostitution. En Afrique, l’épidémie est galopante en raison de la pratique des partenaires sexuels multiples simultanés.

Si une personne est contaminée par le virus, elle devient séropositive, ce qui ne veut pas dire qu’elle va contracter la maladie immédiatement car celle-ci peut prendre plusieurs années avant de se déclarer. Aujourd’hui il y a plus de séropositifs que de personnes atteintes du sida. Selon le rapport du programme des Nations unies sur le sida (ONUSIDA), 33,2 millions de personnes dans le monde étaient séropositives ou atteintes du sida, à la fin de l’année 2007. 40% des nouveaux contaminés sont des jeunes entre 15 et 24 ans.

A tout moment, une personne séropositive, qui ne présente aucun symptôme, peut transmettre le virus à une autre personne. Le sida est une maladie chronique qui implique beaucoup de souffrances physiques, mais également des traumatismes psychologiques et émotionnels dus à un sentiment de rejet que les malades éprouvent de la part de la société.

Les politiques de prévention mises en œuvre depuis plus de 10 ans ont échoué en Afrique.

Malgré tous les efforts financiers, techniques et humains mis en place dans la lutte contre le sida par les organismes internationaux, les experts s’accordent aujourd’hui pour constater l’échec des politiques de santé publique mises en place tant dans les pays pauvres que dans les pays riches.

Aux Etats-Unis, le nombre de personnes contaminées est demeuré constant depuis plus de dix ans, le préservatif et le dépistage volontaire n’ayant pas pu faire baisser la courbe. En Afrique, la maladie a réduit drastiquement l’espérance de vie. Ainsi, au Bostwana, celle-ci a chuté de 30 ans entre 1990 et 2003. En Afrique subsaharienne, douze millions d’orphelins du sida ont été dénombrés en 2005. Au Cameroun, bien que la vente de préservatifs soit passée de 6 à 15 millions entre 1993 et 2001, le pourcentage de personnes atteintes du virus durant la même période a augmenté, passant de 3% à 9%.

Le professeur Luc Montagnier, découvreur du virus VIH, a déclaré « les épidémiologistes prévoient que le pic de mortalité  sera atteint aux alentours de 2040, si rien ne change… ».

Deux spécialistes du virus, Jokin De Irala (1) et Matthew Hanley (2), auteurs du livre « L’AMOUR FACE AU SIDA », se sont interrogés sur la raison pour laquelle les politiques de prévention très couteûses n’ont pas pu empêcher l’extension de la maladie devenue une véritable pandémie.

Ils considèrent que celles-ci ont échoué en Afrique car elles n’apportent que des solutions techniques qui ne sont de surcroît pas toujours fiables.

En effet, d’après une enquête effectuée par l’ONUSIDA, sur  71% des jeunes qui ont utilisé le préservatif aux Etats -Unis pendant les trois mois précédant l’enquête, 41% l’ont oublié, 31% l’ont déchiré, et il a glissé pour 15% d’entre eux. Ainsi, seuls 16% ont été des utilisateurs sérieux.

En Afrique, le préservatif  n’est pas adapté pour deux raisons. D’une part,  il permet de faciliter la multiplicité des rapports sexuels simultanés, lesquels sont une cause importante de transmission de la maladie. D’autre part, le président Ougandais Museveni déclarait en 1991: « dans mon pays, où les gens doivent faire cinq kilomètres pour trouver une aspirine, croyez-vous qu’ils vont faire tout ce chemin pour se procurer un préservatif ? ».

Adopter un comportement sexuel responsable

Dans ce contexte, il est urgent, selon Jokin De Irala et Matthew Hanley, de mettre en place une politique d’éducation des comportements. Ils proposent une méthode éducative dite « ABC », approuvée par l’agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID) qui l’a fit adopter en Ouganda.

« A » pour abstinence. Il s’agit d’éduquer les personnes au respect de leurs corps afin qu’elles n’entrent pas dans des relations sexuelles précoces et qu’elles privilégient, une fois adultes, les relations sexuelles monogame.

« B » pour fidélité (Be faithful). Il s’agit d’enseigner aux personnes les fruits de la fidélité dans la relation sexuelle monogame.

« C » pour préservatif (Condom), car s’il ne peut pas éliminer le risque de contamination, il peut le réduire.

L’expérience Ougandaise témoigne du rôle important que doivent tenir les autorités politiques d’un pays auprès de leurs citoyens afin de les encourager à influencer le mieux vivre ensemble, notamment en adoptant un comportement responsable dans ses relations sexuelles. « Choisir la fidélité est un acte de courage et de lucidité » a déclaré le docteur Patrick Theillier.

Le résultat est édifiant car la population ougandaise a pu ainsi réduire de 80% en cinq années l’incidence du virus.

Les épidémiologistes Jokin De Irala (1) et Matthew Hanley (2) proposent d’étendre cette politique préventive, basée sur un comportement sexuel responsable, à l’ensemble des autres pays. Sans être exclusive de son aspect technique, elle aurait le mérite de mettre en œuvre le principe de précaution inhérent à toute politique de prévention des maladies.

L’occident n’est pas épargné par cette maladie. C’est une réalité, un fait auquel il doit faire face et ce, quelque soient ses principes de vie.

Le développement de la technologie et la culture occidentale de l’hédonisme associée au rejet de tout ordre moral ont fait en sorte d’occulter totalement le comportement humain comme moyen possible  de lutte contre le sida.

Pourtant, l’homme dispose dans son for intérieur de toutes les règles nécessaires au mieux vivre ensemble. En étant prônées et encouragées, ces règles conduiraient naturellement chacun à respecter son prochain et à éviter ainsi à tout prix de le contaminer.

La mission du PRC : Proposer sans les imposer, des solutions humaines comportementales, basées sur les valeurs judéo-chrétiennes, pour  chaque problématique de société.

C’est précisément la mission que s’est impartie le Parti Républicain Chrétien, à savoir proposer sans les imposer, des solutions humaines comportementales, basées sur les valeurs judéo-chrétiennes, pour chaque problématique de société. Ces solutions auraient la particularité de faire confiance à l’homme et seraient prioritaires sur les solutions techniques.

Adopter une politique de lutte contre le sida en se basant sur l’amour, le respect et la responsabilisation de la personne humaine, c’est permettre à chacun de lutter contre la maladie. Il suffit de le décider et de privilégier l’autre avant son plaisir.

Le Parti Républicain Chrétien félicite à ce titre le courage de ces deux épidémiologistes qui ont osé dans leur ouvrage « L’amour face au sida » marcher à contre-courant en rétablissant la vérité sur cette terrible maladie de notre siècle.

Selon Edward C.Green, directeur du programme de recherche sur la prévention du sida à Harvard, l’ouvrage «l’Amour face au SIDA » représente la contribution la plus dynamique à ce jour, au grand débat planétaire sur le sida.

Si pour certains, cette nouvelle attitude sera perçue comme un sacrifice (ou abnégation, terme que je préfère car moins religieux), l’essentiel est de prendre conscience qu’elle contribuera à sauver la vie de milliers de personnes. Le bien commun y gagnera et rejaillira sur la vie de celui ou celle qui y aura participé.

Osons, en qualité de citoyens du monde, prendre les devants et nous responsabiliser, à l’instar des ougandais qui ont montré l’exemple.

Nous contribuerons ainsi tous ensemble à la santé de nos corps, de nos esprits et de notre environnement.

Ensemble, changeons les cœurs pour changer la nation.

Chloé BOISSEAU
1ère Vice-Présidente

et

Emmanuelle GIOVANNONI
Directrice de la communication

(1) Jokin de Irala est docteur en médecine et en épidémiologie. Il exerce la charge de vice-doyen de l’université de médecine de Navarre, à Pamplune, en Espagne.

(2) Matthew Hanley a été conseiller technique pour le VIH des Catholics Relief services  et est spécialisé dans la prévention de la contagion.