Une société à bout de nerfs…

Maurice Boisard

Maurice Boisard

On ne répond pas à la violence par la violence !

Une insulte est une violence verbale à laquelle il  faut savoir répondre par le calme.

Facile à dire, me diront certains…

L’affaire du maire de Cousolre, Maurice Boisard, qui a comparu devant le tribunal correctionnel d’Avesnes-sur-Helpe pour avoir giflé un adolescent de 17 ans dans la rue vient nous le rappeler.

Qui n’a pas eu un jour à affronter l’insulte de la part d’un plus jeune ?

Comment avons nous réagi ? Que chacun s’examine soi-même.

Sommes nous restés calmes pour lui rappeler que ses mots étaient déplacés et blessants ou avons nous cédé à nos penchants instinctifs de défense en répondant par des mots violents ou des gestes déplacés ?

La réponse est importante et elle nous enseigne deux choses.

La première est que nous devons nous garder de condamner ce maire car aucun de nous peut affirmer avoir toujours gardé son calme face à une provocation physique ou verbale.

Il faut saluer à ce propos le courage de ce maire qui a regretté son geste.

Néanmoins, sa réaction, aussi légitime fût t-elle sur le fond, n’est pas acceptable dans notre société.

Savoir garder son calme, face à l’insulte d’un jeune ou une provocation est une nécessité de la part de toute autorité, et qui plus est si cette autorité a un pouvoir de police.

Gouverner par l’exemple est la devise des cadres du PRC. L’exemple c’est notamment savoir se maîtriser et ne pas se laisser dominer par sa colère.

Cette analyse n’a rien à voir avec le débat sur la fessée qui concerne la sphère privée et qui, dans mon article à ce sujet, visait une mesure ultime de dernier recours envisagé par un parent à l’égard de son enfant, dispensée de façon contrôlée sur le pantalon et non sur le visage.

La gifle donnée par ce maire témoigne d’un véritable mal être de notre société et des graves carences de notre système éducatif ou administratif.

La réponse ne pourra pas résider dans une réaction incontrôlée mais au contraire dans une plus grande maîtrise de soi et un réel souci d’éduquer notre jeunesse.

Cependant ce souci éducatif nécessite une implication de tous (parents, enseignants, éducateurs, autorités politiques etc…) en mettant en priorité l’accent sur la nécessité d’ inculquer des règles aux plus jeunes en leur donnant le goût de l’effort, de la discipline et du respect de l’autorité.

Enseignées avec amour et respect, ces règles pourront être accueillies favorablement si elles sont bien entendu elles mêmes appliquées par ceux qui les dispensent et qui incarnent l’autorité.

« L’exemple n,’est pas la meilleure façon d’enseigner, c’est la seule« , nous rappelle Patrick Giovannoni, Président fondateur du Parti Républicain Chrétien.

Autrement dit, le savoir-être avant le savoir faire, un programme politique à part entière !

 Emmanuelle GIOVANNONI
Directrice de la communication