
A l’heure du Sidaction 2012, nous nous interrogeons tous sur la façon de stopper le virus du sida. Depuis son identification en 1981, ce virus a entrainé la mort de 25 millions de personnes. Selon le rapport du programme des Nations unies sur le sida (ONUSIDA), 33,2 millions de personnes dans le monde étaient séropositives ou atteintes du sida, à la fin de l’année 2007.
40% des nouveaux contaminés sont des jeunes entre 15 et 24 ans. A tout moment, une jeune femme qui ignore être porteuse du virus, peut le transmettre à son compagnon par une relation sexuelle ou à son enfant par le sang. Nos pays occidentaux mettent tous les moyens en oeuvre pour encourager la recherche et l’amélioration des soins. Pour autant, il est essentiel d’agir en amont de la maladie sur nos comportements afin d’offrir à nos enfants un monde meilleur, et ne pas être obligé de leur dire que l’amour deviendra un jour impossible sans risquer de contaminer son prochain ou d’être contaminé.
Sensibiliser les adolescents sur leur capacité à enrayer le processus de développement du sida, une façon de les impliquer dans le changement de leur société, de les responsabiliser.
En prenant conscience de la nécessité de nous responsabiliser dans l’approche la relation sexuelle, nous pouvons avoir un impact sur la maladie. Devenir responsable, c’est commencer à devenir adulte. Pour cela, il nous appartient de montrer l’exemple. Faire redécouvrir aux jeunes adolescents la valeur et l’importance de leur corps, la valeur et l’importance du premier rapport sexuel, la valeur et l’importance de la vie qui verra le jour dans le ventre de la mère. Mettre l’accent sur la fidélité, sur les fruits de l’abstinence avant le mariage, sur la préparation au mariage, sur le respect de l’autre, sur la source du plaisir sexuel, autant de thèmes pouvant représenter une matière à part entière au collège et dans les lycées. Un enseignement spécialisé qui permettrait de proposer à notre jeunesse une autre approche de la vie sexuelle lui laissant la possibilité de choisir entre deux façons d’utiliser son corps.
Nos adolescents n’ont malheureusement pas conscience de l’ampleur des dégâts causés par le virus du sida. Ils ne sont pas assez sensibilisés au rôle qu’ils peuvent jouer dans le ralentissement de sa transmission. Le préservatif et le dépistage ( tests Elisa et Western Bloc) ne sont pas suffisants pour enrayer le cours de cette maladie qui tue. Nous devons donc agir, d’une part sur l’information, et d’autre part, sur l’éducation, deux axes d’attaque à la fois préventifs et « curatifs » qui pourraient faire l’objet d’un cours inscrit dès la classe de 4ème dans les collèges. Il semblerait cependant que la théorie du Genre soit prioritaire …
L’individualisme et la recherche du plaisir individuel doivent céder le pas à la responsabilisation et à la qualité de la relation du couple ou de la relation sexuelle.
La lutte contre le SIDA est devenue un enjeu de société sur lequel nous devons agir tous ensemble par solidarité. Pour cela, aucun moyen ne doit être négligé. L’individualisme et la recherche du plaisir individuel doivent céder le pas à la responsabilisation et à la qualité de la relation du couple ou de la relation sexuelle.
Une méthode préventive proposant une véritable hygiène de vie face au sida a été mise en place et proposée par deux épidémiologistes, spécialistes du virus du SIDA, Jokin De Irala (1) et Matthew Hanley (2). Approuvée par l’agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID), elle a connu un vif succès en Ouganda.« A » pour abstinence. Il s’agit d’éduquer les personnes au respect de leurs corps afin d’éviter les relations sexuelles précoces et privilégier, une fois adultes, les relations sexuelles monogames. « B » pour fidélité (Be faithful). Il s’agit d’enseigner les fruits de la fidélité dans la relation sexuelle monogame. « C » pour préservatif (Condom), car s’il ne peut pas éliminer le risque de contamination, il peut le réduire. Selon Edward C.Green, directeur du programme de recherche sur la prévention du sida à Harvard, cet ouvrage représente la contribution la plus dynamique à ce jour, au grand débat planétaire sur le sida. Osons, en qualité de citoyens du monde, prendre les devants et adopter un nouveau mode de vie sain et respectueux de notre prochain.
A l’échelle des nations, il appartient aux pays occidentaux de fournir à tous les malades, y compris à ceux des pays en voie de développement, la trithérapie qui ne saurait être réservée aux plus riches. Il est également essentiel de rappeler la nécessité de respecter la dignité de toute personne contaminée. En effet, dans de nombreux pays comme en Russie, faute d’informations sur les soins disponibles et par honte d’être contaminées, des mères abandonnent leur enfant à la naissance.
Ensemble, changeons les cœurs pour changer la nation.
Emmanuelle GIOVANNONI
Directrice de la communication
(1) Jokin de Irala est docteur en médecine et en épidémiologie. Il exerce la charge de vice-doyen de l’université de médecine de Navarre, à Pamplune, en Espagne.
(2) Matthew Hanley a été conseiller technique pour le VIH des Catholics Relief services et est spécialisé dans la prévention de la contagion.
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